Il était une fois, en 1847, une jeune fille du nom de Galadrielle. Elle vivait dans l’Ouest de l’Irlande, terre de caractère et de charme, c’était une talentueuse violoniste. La famine frappait son pays, et chaque jour elle voyait par centaines des Irlandais partir vers « la terre promise », les 13 colonies d’Amérique. Nombres de ses amies n’étaient plus là, sa famille était partie également, mais celui qu’elle aimait, était resté avec elle. Un an plus tard, Daldelan, son fiancé, décida de partir. Galadrielle ne voulait pas quitter sa terre natale, l’Irlande. Daldelan lui promit qu’il reviendrait bientôt, couvert d’or et de bijoux, et qu’il l’épouserait. Ainsi, chaque jour jusqu'à son dernier, elle attendit le retour de Daldelan sur les falaises de Moher.
Le 26 octobre 1898, elle est morte, attendant que son fiancé lui revienne.
Le 24 octobre 2027, 19h30, Wyatt, dans son bureau, examine une pièce rapportée de fouille il y a une heure :
- Il s’agit d’un coffre ramené du lieu de fouille 321 JFK, le site d’Hermopolis appelé également El'Ashmunein.
Wyatt devait tout détailler car les analyses et descriptions devaient être enregistrées grâce à une version modernisée du dictaphone, qui ressemblait à une lame de verre.
- Le coffre date de la période prédynastique et a en juger par les gravures c’était une offrande envers le dirigeant d’Armana. Ce qui concorde avec les 1500 blocs de pierres provenants de la ville, retrouvés il y longtemps déjà sur Hermopolis. La période correspondrait au règne du pharaon Akhenaton. Le coffre est un parfait état, ce qui est rare car le site a été pillé pendant des siècles. Tous les vestiges d’Hermopolis retrouvés jusqu'à présent étaient dans un très mauvais état et ne nous ont pas permis de faire des découvertes en rapport avec l’histoire et les activités de la région. Tout ceci prouve qu’il y a des choses à explorer et que des salles secrètes remplies d’objets intacts restent à trouver.
- C’est un discours ou une analyse ?
- Salut Tim, alors l’Egypte, c’est comment ? demanda Wyatt
Tim était le meilleur ami de Wyatt. Il revenait de plusieurs semaines de fouille. Son équipe avait trouvé le coffre.
- Magnifique et fascinant. J’ai demandé au grand patron que mon équipe et moi y retournions dès la semaine prochaine afin de continuer les fouilles et il a dit oui. Ton discours lors de la conférence de presse a fait réfléchir beaucoup de monde.
- C’est super, merci. J’aurais bien aimé t’accompagner mais je pars demain en Irlande voir mes beaux-parents, dit Wyatt
- Les tiens sont cools c’est bien, les miens sont horribles. Je préfère encore me faire momifier que de passer plusieurs jours avec mes beaux-parents.
Tim quitta le bureau tandis que Thor y entra, mais pas par la porte.
- Su cara se suspende a la cara de la luna como unas joyas a la oreja de un etíope, dit Thor
- Tu traduis.
- Son visage est suspendu à la face de la lune comme un bijoux à l'oreille d'un éthiopienne, c’est de Shakespeare.
- Pourquoi tu me cites Shakespeare et en espagnol en plus, tu comptes séduire une danseuse de flamenco à moins que tu ne préfères les toréadors ?
- Je vais faire comme si tu n’avais rien dit. Ma nouvelle protégée est une sorcière espagnole et les conservations avec elle sont très limitées. Si je veux l’aider je dois parler espagnol.
- Bonne chance mais ne compte pas sur moi pour t’aider. Demande plutôt à Mélinda, elle est sortie avec un espagnol.
- C’était un argentin.
- Et alors ? Je suis en retard. Demain nous prenons l’avion à 11h30 et mes valises ne sont pas encore faites, sans compter que je dois finir l’analyse de ce coffre.
- C’est un صندق حياة سالفة. Cela veut dire « coffre de vie écoulé » en arabe. Autrefois, les sorciers de l’Egypte et du Moyen-Orient utilisaient ces coffres pour y enfouir des souvenirs, de sa propre vie ou de celle d’un être cher. C’étaient des coffres magiques. Seul le propriétaire du coffre pouvait l’ouvrir et avoir accès au souvenir qu’il contenait.
- Ce coffre est vide, dit Wyatt
- C’est logique. Lorsque les sorciers étaient enterrés ou embaumés le plus souvent en Egypte, ils l’étaient avec les souvenirs contenus dans le coffre. Ainsi, les souvenirs traversaient les âges avec l’âme du défunt.
- Oui mais si le mec meurt avant d’avoir ouvert le coffre ? demanda Wyatt
- D’après la légende, des sorciers avaient le pouvoir d’entrer dans l’esprit des gens et d’y trouver l’incantation pour ouvrir le coffre. Ils se servaient de ces pouvoirs à des fins bénéfiques bien entendu. Le pouvoir de ces sorciers marchait aussi bien sur les vivants que sur les morts.
Le lendemain matin :
- A peine on revient de voyages de noces qu’il nous faut repartir, dit Wyatt
- L’Irlande est un pays fabuleux tu verras, dit Victoria
- Je suis près on peut y aller, dit Chris
- On ne réveille pas Mélinda ? demanda Victoria
- Elle est rentrée très tard et doit travailler encore tout aujourd’hui pour mettre en place la nouvelle organisation du magasin.
Ils partirent vers l’aéroport. Mélinda se réveilla à cause du téléphone :
- Allo ?
- Bonjour, ici monsieur Bergen.
- Qui ? demanda Mélinda encore endormie
- Votre patron.
- Oh pardon monsieur Bergen, je suis encore dans mes rêves, je rêvais que je démissionnais.
- Je comprends que vous soyez fatigué. Rendormez-vous et ne venez pas travailler aujourd’hui, vous avez mérité une journée de repos.
Mélinda raccrocha et se rendormit sans difficultés. Deux heures plus tard elle se leva. Elle trouva Thor à la cuisine en train de lire un livre intitulé « l’espagnol facile ».
- Tu te mets à l’espagnol ?
- Sí, pero es una lengua que encuentro especialmente duro.
- Pardon ?
- Je disais que je trouvais cette langue difficile, dit Thor
- En tout cas tu parles bien, tu as un bon accent.
- Merci, mais les guérisseurs ont la faculté d’apprendre les langues rapidement, un jour ou deux pas plus. Je ne suis pas habitué à étudier une langue latine, je préfère les langues plus rudes.
- Tu es l’opposé de beaucoup de monde. Tu parles quelle langue ? demanda Mélinda
- Allemand, néerlandais, suédois, finnois, anglais par nécessité et russe.
- C’est bien le néerlandais ?
- Het is een interressante taal zeer die ik leerde aan de leeftijd van 6 jaar heb.
Wyatt m’a dit que tu pourrais m’apprendre l’espagnol comme tu es sorti avec un argentin.
- Je suis sorti avec un brésilien, il parlait portugais et de toute façon nous avons très rarement parlé.
- Et qu’avez-vous fait alors ? demanda Thor
- Je te laisse deviner, mais n’espère pas que je t’en dise plus.
Wyatt, Chris et Victoria arrivèrent à l’aéroport de Galway en milieu d’après-midi, grâce au décalage horaire. Ils avaient loué une voiture. Ils leur restaient environ 1h30 de trajet pour arriver dans la demeure des parents de Victoria, qui se trouvait après la commune de Liscanor, dans les somptueuses collines de Moher.
Mélinda ne savait pas quoi faire. Elle rangeait le grenier qui était rempli des cartons du récent déménagement. Elle trouva un coffre enfoui sous de vieilles couvertures. Il était magnifique et très ancien. Lorsque Mélinda le prit dans les mains elle entra en transe et prononça les mots : cassa di vita smaltita. Le coffre s’ouvrit. Il était rempli de photos, de lettres, que des souvenirs de la vie de Paige. Mélinda toucha une photo la montrant à son mariage et fut aspirée dans la photo. Elle se retrouva au milieu de la cérémonie mais personne ne pouvait la voir.
A la fin de la cérémonie, elle sortit de la photo et se retrouva au grenier dans la même position qu’avant d’être aspirée.
En Irlande, ils approchaient à grand pas, on pouvait voir au loin le château des Apfield.
Wyatt aperçu une jeune femme sur la falaise. Elle portait une robe magnifique. Il la quitta des yeux quelques secondes. Lorsqu’il fixa à nouveau son regard sur la falaise, la jeune femme avait disparu.
- Victoria !!
- Papa, Maman !!!
- Bonjour Madame et monsieur Apfield, dit Wyatt
- C’est Louise et Philippe, sinon on va vous appeler monsier Halliwell, dit la mère de Victoria
- Bonjour Philippe, dit Chris
- Ce cher Chris ! Vous savez que j’ai testé ce que m’aviez dit lors du mariage à propos de la chasse.
- Et alors ? demanda Chris
- Vous aviez entièrement raison, j’ai bluffé la moitié des chasseurs de Liscanor.
- J’en suis ravi.
Tous entrèrent dans le château. Wyatt se retourna et regarda la falaise.
- Ses falaises sont magnifiques n’est ce pas, dit Philipe Apfield
- Oui, magnifiques.
Au manoir, Mélinda feuilletait le Livre des Ombres. Elle tomba sur une page que son père avait écrite, l’une des rares à ne pas avoir été volée par l’Aigle : « l’essence de mémoire, il s’agit de souvenirs. Ils vous font revivre des moments passés. La plupart du temps ils sont présents à l’intérieur d’objets, de photos …. » Ainsi, la photo du mariage de Paige était un souvenir, une essence de mémoire. Mélinda prit une autre photo, elle montrait Paige et Henry dans leur maison à Los Angeles, ils emménageaient. Mélinda fut transportée à l’intérieur de la photo.
- Voilà notre maison, dit Henry
- Après tant d’années de vie commune avec mes sœurs je croyais que jamais plus je ne vivrais en dehors du manoir. Je me voyais déjà descendre les escaliers une canne à la main avec des lunettes.
Henry porta Paige dans ses bras et ils entrèrent dans la maison qui était magnifique.
Mélinda entendit une voix, c’était Thomas qui l’appelait. Elle fut projetée hors de la photo.
- Salut, tu viens d’où ? demanda Thomas
- D’un souvenir. Cela te plairait d’en explorer avec moi ?
- Avec plaisir.
Mélinda prit une autre photo, elle montrait Phoebe et Paige dans la maison de cette dernière.
- Alors comment va la maîtresse de maison ? demanda Phoebe
- Elle va bien, elle est heureuse. Et toi, ça va toujours avec Anthony ?
- Très bien, je suis heureuse avec lui. Je ne pensais pas que je me sentirais aussi bien en sortant avec un sorcier. J’ai toujours voulu séparer ma vie personnelle de ma vie magique.
- Tu oublies Cole. Ca a duré tout de même presque deux ans.
- C’est vrai. Je me sens plus en sécurité et Anthony ne parle pas sans cesse de magie. C’est une bonne chose que son métier d’avocat lui plaise.
- Eh bien à force de persévérance les trois sœurs halliwell ont trouvé leur homme idéal, dit Paige
- Il était temps, je croyais qu’on était maudites. J’étais prête à me le créer par la magie mon homme idéal.
- Elle m’ont raconté qu’elles avaient à deux reprises crée par la magie un homme parfait, dit Mélinda
- Cela ne te donne pas des idées ? demanda Thomas
- Pas besoin, je t’ai toi.
Plus tard, en Irlande, un délicieux repas à lieux dans le Château des Apfields :
- C’est très bien que vous soyez venu à cette période, cela aurait été dommage que vous le ratiez, dit Philipe
- Rater quoi ? demanda Wyatt
- La cérémonie envers la violoniste, Galadrielle, dit Louise
Elle raconta alors la légende de cette jeune femme. Chaque année, le jour de sa mort, une procession est organisée. Elle part de Liscanor et s’arrête devant le domaine, près de la falaise. Nous célébrons ainsi le courage, la persévérance et notre fierté d’être Irlandais, nous remercions cette terre.
- Cela permet aussi à la commune d’accueillir les plus grands violonistes du pays. D’années en années la cérémonie attire plus de monde, dit Philipe
- Oui est votre cousine, Mélinda ? demanda Louise
- Elle travaille. Elle vient d’avoir récemment une promotion et le patron lui a demandé de tout réaménager afin d’offrir une vision différente tout en restant dans l’esprit de l’enseigne, dit Chris
Dans le souvenir de Paige :
- Comment va Piper ? demanda Paige
- Elle va bien. Maintenant que Chris développe ses pouvoirs elle a du travail, mais Léo l’aide beaucoup, c’est un ange.
Dis moi tu as vu les infos récemment…. Tu as entendu parler des….
- meurtres, termina Paige.
- Oui, ça ne rappelle pas quelqu’un ?
- Si, j’y ai pensé tout en essayant de me convaincre que c’était impossible mais ce ne serait pas la première fois.
Thomas et Mélinda sortirent du souvenir :
- J’aurais aimé savoir de quoi elle parlait, dit Thomas
- Nous ne tarderons pas à le découvrir et quelque chose me dit que nous aurons droit à de nombreuses révélations, dit Mélinda
- Ce sont les lecteurs qui vont être contents.
Wyatt se promenait au bord des falaises. Il aperçut la jeune femme qu’il avait vue lors de son arrivée. Il s’approcha d’elle. Elle tenait dans sa main une chaîne en or à laquelle était accrochée une rune. Wyatt en connaissait la signification grâce à son métier. Il s’agissait de la lettre D dans l’alphabet runique anglo-saxon.
- Bonjour, dit Wyatt
Elle ne disait rien et ne semblait pas faire attention à lui.
- Wyatt, cria Victoria au loin qui marchait pour le rejoindre.
A peine Wyatt eut détourné la tête que la jeune femme n’était plus là, comme la dernière fois elle s’était mystérieusement envolée.
- Tu te promènes, tu profites du paysage, dit Victoria
- C’est un endroit magnifique. Que fait Chris ? demanda Wyatt
- Il discute avec mon père, on aura du mal à les séparer ces deux-là.
- On rentre, je suis fatiguée.
- J’arrive.
Wyatt se demandait où pouvait être passée cette jeune femme.
Mélinda et Thomas étaient dans un autre souvenir. Ils suivaient Paige qui courait dans les escaliers d’un immeuble. Ils entendirent un hurlement. Paige entra dans un appartement qui portait le numéro 13. Elle trouva une femme, morte, allongée par terre, les cheveux blancs et le regard horrifié. Plus tard, la police arriva. La femme avait un tas d’objets de cultes, c’était vraisemblablement une sorcière. Mélinda et Thomas sortirent du souvenir.
- Tout ceci est étrange. Chaque souvenir nous dévoile un peu plus de choses. Tout est dans un ordre chronologique. On nous emmène indirectement vers une révélation, quelque chose que les sœurs nous ont caché.
- Tu ne voudrais pas que l’on continue demain, il est 2h00 du matin ? demanda Thomas
- Tu as raison. J’ai tout de même hâte de découvrir la suite, on se croirait dans un épisode des Experts.
- Un épisode de quoi ?
- Les Experts, une série policière qui s’est arrêtée il y a 17 ans, dit Mélinda.
Ils allèrent se coucher.
En Irlande, c’est le matin. Louise et Wyatt déjeunent :
- Victoria a toujours aimé faire la grasse matinée, petite c’était une horreur de la réveiller pour aller l’emmener à l’école, dit Louisa
- Votre mari est déjà levé ? demanda Wyatt
- Il est parti à l’aube avec Chris à la chasse.
Dans la forêt à quelques kilomètres :
- C’est étonnant, je suis encore impressionné par l’efficacité redoutable de cet instrument, il attire les animaux comme des abeilles vers du miel. Grâce à cela j’ai gagné le prix du meilleur chasseur la semaine dernière.
- Vous habitez dans un endroit fabuleux, les paysages sont magnifiques. On sent le pouvoir de la magie et des légendes celtes.
Chris s’arrêta sur un merle. Philippe ne le voyait pas. Le merle l’attirait. Ensuite, il vit une biche somptueuse. Il se sentait attiré par elle et ne comprenait pas pourquoi il était le seul à la voir.
Chris et Philipe quittèrent la forêt, victorieux, ils rapportaient un festin que Louisa cuisina. Ce fut un délicieux repas. Il fut tellement lourd que tout le monde décida de faire la sieste. Chris n’arrivait pas à dormir, il pensait à la biche et au merle qu’il avait vus. Il décida de retourner dans la forêt. Il ne revit pas les animaux. Alors qu’il s’apprêtait à partir, une voix retentit :
- Tu me cherches.
Chris se retourna et vit un homme habillé d’une sorte de toge blanche.
- Qui êtes vous ?
- Mon nom est Arthérus, je suis un druide. Je suis là car tu as besoin de moi.
- Qu’est ce qui vous fait dire ça ?
- Tu as vu le merle et la biche n’est ce pas ? demanda le druide
- Oui et alors ?
- Le Merle représente l'appel intérieur, celui qui nous engage à suivre un chemin spirituel. Il nous indique les voies à suivre pour en apprendre davantage sur les potentiels et les motivations cachés en nous. La Biche, nous invite à dépasser l'élément matériel et superficiel de la vie et à discerner le coeur des choses et les causes plutôt que les effets.
- Tout cela reste très vague.
- Tu es méfiant car tu as encore du mal à faire la différence entre le Bien et le Mal. La Biche peut t’aider à discerner les choses, à les analyser. De plus, le Merle t’es apparu car tu cherches encore ta voix. Il peut t’aider à y voir plus clair, te montrer une direction à suivre.
- Que dois-je faire ? demanda Chris
- Suis moi, nous serons mieux chez moi, c’est plus confortable et plus chaud aussi, novembre n’est pas le mois idéal pour visiter l’Irlande.
- Je n’ai pas trop eu le choix, dit Chris
- On a toujours le choix. Ce qui cloche chez toi c’est que tu te sens contrôlé. Tu es maître de ton destin. N’attends pas que le temps passe en pensant que tout va t’être servi sur un plateau. La vie sourit aux audacieux. Il est temps de te prendre en main.
Ils marchèrent une dizaine de minutes dans la forêt. Le druide ramassa des feuilles.
- Ces feuilles ont des vertus médicinales ou magiques ? demanda Chris
- Non, mais elle donne au thé un parfum savoureux.
Ils s’arrêtèrent au milieu du chemin. Chris se demandait ce qu’il se passait. Le druide tendit la main et aussitôt une maison ravissante apparut.
- Bienvenue chez moi.
Ils entrèrent dans un endroit charmant et accueillant.
- J’aime vivre ici. Bien sûr les visites sont rares, c’est pourquoi je me suis abonné au câble et j’ai mis internet.
- Vous avez le câble et internet ?
- Ce n’est pas parce que je représente une communauté ancienne et dotée de grands pouvoirs que je ne vis pas comme tout le monde. Evidemment, je n’ai pas de voiture mais je n’en ai pas l’utilité.
- Pourquoi avoir un charme qui protège votre maison ? demanda Chris
- Les gens dans les villes ont des systèmes d’alarmes, moi aussi, bien qu’il marche différemment. On ne s’en rend pas compte mais cette forêt sert de refuge au bandit de la région. J’ai des choses de valeur à protéger.
Un peu de thé ?
Au manoir, Mélinda buvait une tasse de café, Thomas arriva :
- Cela faisait longtemps que je n’avais pas aussi bien dormi. Va falloir que je vienne dormir dans ta chambre plus souvent.
Mélinda ne réagissez pas.
- Tu es encore dans les souvenirs ? demanda Thomas
- Plusieurs choses m’intriguent et j’aimerais y voir plus clair.
- Laisse moi le temps de boire une tasse de café et de m’habiller et on pourra aller ensemble explorer un autre souvenir.
Dans la maison du druide, Arthérus :
- Nous appelons cela, le tirage des Esprits du Cercle. Le druidisme reconnaît l'influence de six facteurs différents sur notre personnalité et l'orientation de notre vie. Les gènes, tout d'abord, nous influencent très clairement. Cette influence est représentée, dans le cercle sacré, par l'esprit collectif de nos ancêtres. La culture dans laquelle nous avons été élevés est un second facteur puissant : elle apparaît dans le tirage sous le symbole de l'esprit de la tribu. Le moment où nous sommes nés et l'époque à laquelle nous vivons ont également une influence : ils sont représentés dans le cercle sacré par l'esprit du temps. Le lieu de notre naissance et l'endroit où nous vivons ont une grande importance et s'apparentent à l'esprit du lieu. Chacune de ces quatre influences est propre à notre incarnation actuelle. Nous subissons également l'influence des expériences accumulées au cours de nos vies antérieures, appelée l'esprit du passage et qui est parfois assez forte pour prévaloir sur toutes les autres. Enfin, nous trouvons l'Awen, "don, grâce, souffle des dieux", sur lequel nous n'avons pratiquement aucun pouvoir. Ainsi grâce à ce tirage, tu peux savoir comment ces six forces influencent ta vie, et comment tirer le meilleur parti des dons et défis qu'elles te proposent, dit Arthérus
Mélinda et Thomas étaient chez Paige, cette dernière parlait avec ses sœurs :
- Vous avez la formule ? demanda Paige
- Oui, on l’a, dit Piper
Phoebe toucha un bouton posé sur une soucoupe sur la table et eu une vision.
- Je viens de le voir tuer Henry, à son travail, dit Phoebe
- Venez on se téléporte, dit Paige
Elles disparurent.
En Irlande, chez le druide :
- Les tirages montrent que chacune des six forces influence grandement ta personnalité. Tu es descendant d’une prestigieuse lignée de sorciers. La plupart de ces membres a vécu et a vu le jour dans l’endroit même où tu as vu le jour et où tu habites en ce moment. Tu es puissant et tu l’as toujours été si j’en crois l’esprit du passage. Tu es l’un des Prophètes et donc la grâce, le souffle des Dieux joue également un rôle important.
- Tout ceci ne m’aide pas beaucoup, dit Chris
- Accepte la magie, c’est ton héritage. Sers toi de tes dons, pas ceux qui sont magiques mais les autres. Ta vie ne sera pas la même que ceux que tu croises dans la rue, mais eux aussi ont des problèmes. Ils te semblent moins importants mais ce n’est pas le cas. Tant que tu refuseras cette vie, avec ses inconvénients mais aussi ses avantages, tu ne pourras pas avoir une autre vie, épanouie et heureuse.
Le soir même, la manifestion envers la violoniste allait commencer, près du château.
- Où étais-tu cet après-midi ? demanda Wyatt à Chris
- Dans la forêt, quelqu’un m’a aidé à y voir plus clair.
Durant la procession, plusieurs pensées celtes furent énoncées. L’une d’elle plut particulièrement à l’assemblée : D'après vous, les Gaulois, les ombres ne gagnent pas les silencieux séjours de l'Erèbe ou les pâles domaines de Dispater. Au contraire, le même esprit anime un autre corps dans un autre monde. Si ce que vous chantez est véridique, la mort n'est que le milieu d'une longue vie.
Ce fut une manifestation sublime et très émouvante. Durant la nuit, Wyatt n’arrivait pas à dormir. Il alla faire un tour dehors et vit la jeune femme. Il s’approcha d’elle.
- Bonsoir, j’espère que vous serez plus bavarde que la dernière fois et surtout que vous ne disparaîtrez plus.
Je sais qui vous êtes, Galadrielle, la violoniste. Vous continuez à attendre Daldelan, votre fiancé. Ce collier avec la lettre D, c’était le sien n’est ce pas, il vous l’a donnée avant de partir ?
- Il va revenir et on va se marier, il me l’a promis.
- Je vais vous aider à quitter votre état de fantôme, je vais retrouver Daldelan, dit Wyatt
Il rentra au château et raconta tout à Chris et à Thor, qu’il avait fait venir.
- Daldelan doit être mort depuis des décennies, pourquoi il n’a pas rejoint Galadrielle ? demanda Wyatt
- Son esprit doit être bloqué quelque part. Vous devez d’abord retrouver sa trace, ce qu’il faisait et où il a habité, ensuite on avisera, dit Thor.
- Je sais ou chercher. Demain, rendez-vous à la porte du château à 7h00, personne ne sera encore levé, dit Chris.
Mélinda et Thomas furent éjectés du souvenir :
- C’est déjà fini, mais c’est le dernier souvenir de la boite, dit Thomas
- Il doit en manquer un et je crois savoir où il se trouve.
Grâce à une formule, Mélinda et Thomas se téléportèrent à Los Angeles, devant la maison de Paige. Ils sonnèrent.
- Mélinda, qu’est-ce que tu fais là ? demanda Paige
- On doit te parler.
Mélinda lui raconta tout.
- Tu as raison, il est ici, dit Paige
Elle alla chercher une photo sur la cheminée, c’était Henry, son mari.
- Prends là, tu as le droit de savoir, j’ai suffisamment souffert de n’en parler à personne.
Mélinda et Thomas furent aspirés dans la photo.
A 7h00, Wyatt, Chris et Thor se mirent en route. Ils se dirigèrent vers la forêt.
- Où tu nous emmènes Chris ? demanda Wyatt
- Voir un ami, il pourra nous aider.
Ils s’arrêtèrent au milieu du chemin :
- Arthérus !! Arthérus, c’est Chris, j’ai besoin de ton aide.
La maison du druide apparut, de même que son habitant.
- Tu as de la chance que je sois matinal. Allez entrez !!
Ils entrèrent et s’installèrent près de l’ordinateur.
- Nous recherchons la trace d’un irlandais qui est parti vers l’Amérique. Nous devons retrouver son esprit afin qu’il soit, lui et sa bien aimée, en paix pour l’éternité, dit Chris
- Je vais faire un peu de thé, dit le druide.
Après une demi heure de recherche, ils trouvèrent quelque chose d’intéressant.
- Un certain Daldelan est mort dans l’explosion d’une usine à New-York, comme des dizaines d’autres irlandais et immigrants, c’était en 1859, dit Wyatt
- C’est ce que je pensais. Lorsque de nombreuses âmes périssent ensemble, elles sont bloquées. Ainsi l’esprit de Daldelan ne peut quitter l’usine ou ce qu’il en reste pour rejoindre Galadrielle, dit Thor
- Donc nous devons trouver comment libérer toutes ces âmes, dit Chris
- Attendez j’ai trouvé autre chose. L’usine a été rachetée deux semaines avant l’explosion. Le nouveau directeur était membre du parti politique des « Native Americans » ou « Natifs », dit Wyatt
- Et alors ? demanda Chris
- Les « Natifs », que l’on appelait également les « Américains de souche » considéraient les Irlandais comme des envahisseurs, une menace pour leur pays, leur travail et leur démocratie. Je pense que cette explosion a été préparée par les « Natifs ». Donc, pour libérer les âmes, nous devons trouver le coupable afin que la vérité éclate.
- Oui mais premièrement, il n’y a pas qu’un seul coupable, c’est un gang et deuxièmement, ils doivent être morts depuis très longtemps, dit Chris.
- Je me charge de tout, dit Wyatt.
Il se téléporta et se rematérialisa à New York, devant les bureaux d’un des plus important journaux nationaux. Il rentra grâce à la magie et ressortit deux minutes après. Quatre heures plus tard, l’édition du journal sortait et en première page on pouvait lire « une affaire résolue 168 an après ».
A quelques pas du journal, jaillirent du sol les âmes emprisonnées. Wyatt avait réussi. Il regagna l’Irlande où il trouva sur les falaises, Chris, Thor et Arthérus qui observaient un spectacle émouvant, Daldelan revenait enfin vers sa fiancée. Les deux esprits s’envolèrent vers les cieux.
Dans le dernier souvenir, Mélinda et Thomas suivaient les sœurs qui se rendaient au travail d’Henry, le commissariat de police. Il était tard et un seul bureau était allumé. Elles entrèrent dans le bureau d’Henry et trouvèrent sur le fauteuil, un vieil ennemi, Barbas.
- Je vous attendais mes belles, dit-il
- Où est Henry ? demanda Paige
- Dans la pièce à côté mais pour le voir il faudra d’abord m’affronter.
- Pas de problème, dit Phoebe
- Quel aplomb, je vous reconnaît bien là. Cependant, vous avez peur, peur que je revienne même si vous me détruisez pour la énième fois.
- Ne t’en fais pas pour ça. Vaincre la Triade nous aura permis beaucoup de choses positives, comme obtenir de nombreuses informations sur les démons. Nous avons découvert la formule capable de te vaincre pour de bon, dit Piper
- Cristal ! Encerclez le ! dit Paige
- Que les peurs que tu as causées
Te détruisent à jamais
Que la joie et l’allégresse
Se répandent dans tes veines
Comme un poison mortel
Qu’elles te fassent disparaître
Barbas hurla et explosa pour la dernière fois.
- Je ne me lasserais jamais de ce spectacle, dit Phoebe
- Moi si et il y a intérêt que cette fois ce soit la bonne, dit Piper
Paige alla chercher Henry.
- Henry !! NON !!!!!
Il était mort, les cheveux blancs et le regard rempli de terreur.
- Oh non ! dirent Piper et Phoebe.
Mélinda et Thomas sortirent du souvenir et réapparurent dans le salon où il y avait Paige, Piper et Phoebe. Tous parlèrent pendant longtemps, Paige était libérée, bien que d’évoquer ce souvenir fut difficile.
- Il est pas mal ton copain, je sens de bonnes vibrations, ne le laisse pas partir, dit Phoebe à sa fille
- Compte sur moi.
Mélinda et Thomas rentrèrent à San Francisco.
En fin d’après-midi, Chris, Wyatt et Mélinda arrivèrent au manoir.
- En tout cas la prochaine fois je ne prends pas l’avion. Autant se téléporter, cela reviendra moins cher et ça nous évitera d’avoir autant peur, dit Wyatt.
- Moi je n’ai pas eu peur, dit Chris
- Moi non plus, dit Victoria
- Tant mieux, vous partirez tout les deux.
Ainsi, la journée s’achevait. Chris alla chez Kiara.
- Alors tu as repris ton travail ? demanda Chris
- Oui, demain a lieu ma première plaidoirie.
- Tu es stressée ?
- Un peu, mais c’est un bon stress. Et toi, ça t’a plu l’Irlande ? demanda Kiara
- Beaucoup, j’ai appris beaucoup de choses grâce à un nouvel ami. Il m’a aidé à accepter ma vie de sorcier. J’avais peur de mener la même vie que ma mère et mes tantes. Elles ont vécu plusieurs années difficiles. Elles avaient du mal à avoir une vie personnelle et professionnelle.
- Alors tu as choisi la facilité et tu t’es dit que cela ne servait à rien d’avoir une vie en dehors de la magie. Tu t’es fermé à une vie heureuse et tu as perdu le goût de vivre. Le jardinage n’était qu’une apparence pour faire croire que tu étais heureux.
- Maintenant je vais mieux. Je vais me mettre en quête d’une autre vie, je vais suivre ma passion et oublier mes craintes, dit Chris
- Quelle est cette passion ? demanda Kiara
- La même que ma tante Phoebe, le journalisme, l’écriture. J’ai envie de réussir dans ce domaine.
- Tu as raison, fonce et tu verras tout ira bien.
Ils s’embrassèrent.
- Je vais te faire du thé, tu verras, il est exquis, il a un parfum savoureux. C’est mon nouvel ami qui me la fait goûter.
Au manoir, Wyatt observait un collier qu’il tenait dans la main, c’était celui de la violoniste, elle le lui avait donné pour le remercier.
Sur les collines de San Francisco, Mélinda et Thomas observaient un magnifique coucher de soleil. Ils avaient partagé quelque chose de fort aujourd’hui. Ils s’aimaient vraiment et auraient voulu que cet instant dure une éternité.
A Los Angeles, Paige déposait une rose sur la tombe d’Henry.
Elle l’aimait et l’aimerait toujours.
Fin