H 0 :
Il était une heure du matin. Wyatt tenait une coupe de champagne. Il était pensif. La cravate de son costume desserrée, il semblait pensif. Il était assis à l’extérieur du musée des Arts Asiatiques. Ce soir, il s’agissait de la soirée d’inauguration d’un nouveau espace entièrement consacrée à l’Inde, que Wyatt allait diriger. Son frère vint le rejoindre.
- Sympa comme soirée, dit Chris
- Ouais. En tout cas, ton costume a fait sensation.
- C’est la marque Guillotine qui me l’a offert. Il est fait sur mesure. Un cadeau pour avoir accepté de poser avec leur dernière collection sur des pubs pour le Bay Mirror.
Un long silence s’installa.
- Ca va ?
- J’ai couché avec Lindsay.
- Tu as couché avec Lindsay ? Moi qui me demandais pourquoi tu l’avais engagée.
- C’est pas parce qu’elle est blonde qu’elle n’est pas intelligente. C’était la mieux pour ce poste, dit Wyatt. Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Dire la vérité à Kate ?
- Surtout pas ! A moins que ce ne soit sérieux entre vous deux.
- Non. Je ne sais pas ce qui m’a pris, je…..j’ai rien pu contrôler. En quelques secondes je me suis retrouvé sur elle et……j’aime Kate et je veux rester avec elle. Je sens que c’est sérieux.
- Alors, ne lui dis rien sinon tu vas tout foutre en l’air, lui conseilla Chris
- C’est ce que tu conseillerais à tes lecteurs ?
- Bien sûr que non. Même si je m’efforce de paraître le plus libre possible dans mes écrits je suis tenu dans certains cas de dire que le mensonge est mal et que la fidélité est bien. Enfin toutes les conneries que l’industrie du mariage nous force à dire. Désolé pour Kate.
- Comment on en est arrivé là ? Comment toutes ces choses ont pu se produire ?
- Ca a été une journée pleine de surprises, dit Chris, mais presque aucune de bonne.
- On a coupé les ponts avec le Conseil de Magie, Mélinda s’est retrouvée dans un nouveau triangle amoureux, Damien qui est malade et l’état d’Eduardo qui ne s’améliore pas.
- Heureusement que pour tante Paige ça va mieux. Ca donne un peu d’espoir à cette journée qui semble se terminer mieux qu’elle n’a commençé, dit Chris
- Tu crois vraiment que je ne dois pas dire la vérité à Kate ?
- Dire ce qui s’est passé peut te montrer si l’amour de Kate est fort….mais si ce n’est pas le cas…. En tout cas, ne fais pas comme ces hommes qui réagissent de façon excessive comme lui demander de vivre avec toi. Ils veulent prouver qu’ils aiment la femme avec qui ils sont mais personne n’est dupe. Je veux dire que si cela arrive c’est……..enfin, c’est qu’il y a forcement une raison, dit Chris tout en regardant son frère.
Le portable de ce dernier sonna. Il décrocha.
- Salut chérie ? Où es-tu, ça fait une heure que je ne t’ai pas vue ?
Son visage devint grave.
- A l’hôpital ?!
Il raccrocha quelques secondes plus tard.
- Qu’est-ce q’il se passe ? lui demanda Wyatt
- J’ai bien peur que la journée ne finisse encore plus mal qu’elle n’a commencé, dit Chris
H-10 (5h00 du matin à Moscou) :
Chris et Kiara se trouvaient au Red Zone. Une ancienne boîte des années 1990 qui venait de rouvrir. C’était une boîte immense. Autrefois il s’agissait d’une patinoire mais là l’ancien propriétaire avait décidé de voir plus grand et de faire construire un stade de foot pour la nouvelle boîte que son fils gérait. Il y avait des lasers et une musique qui résonnait dans la poitrine. Le toit de verre se trouvait à des dizaines de mètres. Suspendues par des câbles, il y avait des cages dans lesquelles dansaient des filles entièrement nues, comme à l’époque. Kiara, vêtue d’un courte robe noire moulante et Chris, portant un pantalon noir, chemise blanche et lunettes dorées de chez Dolce et Gabbana, étaient à la recherche de Derek Wild. Avec la musique très forte, les deux ne pouvaient se parler. Ils étaient équipés d’oreillettes très performantes qui faisaient barrage aux bruits extérieurs. Kiara les avait testées dans un laboratoire, en sa qualité de sénatrice de Californie. Les deux époux se firent dragueurs mais leur pouvoirs à petites doses sut remettre les égarés dans le droit chemin. Chris s’approcha de l’un des 22 bars et demanda, ou plutôt hurla à l’un des barmans s’il connaissait un certain Derek Wild. A sa grande surprise ce dernier répondit positivement. Il lui indiqua une table à quelques mètres. Il n’y avait personne hormis un serveur qui la nettoyait. Chris alla le voir.
- Derek Wild ?!! Cria ce dernier
- Quoi ?!!
- Etes-vous Derek Wild ?!!
Le visage de l’homme se ferma.
- Pourquoi ?!!
- Je dois lui parler !!
Le serveur prit la fuite sous les yeux étonnés de Chris.
- Mais je n’ai pas envie de courir !!!
Pourtant il fut bien obligé pour ne pas le perdre de vue dans la foule. Il oublia de prévenir Kiara qui continuait ses recherches désespérément. Il traversa presque toute la boîte puis suivit Derek dans les coulisses, les loges des danseuses. Il en croisa une qui allait entrer dans une des cages et cela le déstabilisa un instant. Ils arrivèrent ensuite dans une petite ruelle sombre remplie de containers. Chris utilisa la télékinésie et lança sur Derek, en visant ses jambes, une vieille roue crevée de vélo. Derek tomba à terre. Il se retourna et ouvrit la bouche. Un cri strident en sortit, forçant Chris à se boucher les oreilles.
- C’était quoi ça ? se renseigna Chris
La réponse ne se fit pas attendre. Trois sorciers se téléportèrent devant le prophète.
- C’est tes gardes du corps ? demanda-t-il à Derek
- Dégage de là ! lui ordonna une des hommes
- Sinon quoi ?
- On te fait dégager.
- J’aimerais bien voir ça, se moqua Chris
L’homme qui lui avait parlé avait lui aussi le pouvoir de télékinésie. Il l’utilisa sur Chris. Ce dernier fit trois pas en arrière.
- Ah ah ah !! Amateur ! dit Chris qui usa à son tour de télékinésie.
L’effet ne fût pas le même. Les trois hommes qui s’étaient téléportés à l’appel de Derek furent projetés une dizaine de mètres en arrière, bientôt rejoints par les containers et leurs ordures. Chris s’approcha de Derek, qui s’était mis à l’écart.
- Je ne te veux pas de mal. Je veux juste parler. Je m’appelle Chris Halliwell.
Derek avait déjà entendu ce nom. Il connaissait la légende des Prophètes. Il consentit à lui faire confiance et à discuter.
H-9 :
Voilà deux semaines qu’un violent tremblement de terre s’était abattu sur la ville de San Francisco. Le Manoir avait besoin de sérieuses réparations. Mélinda faisait le tour de la propriété avec un ouvrier du bâtiment qui devait lui faire un devis.
- Les dégâts sont sérieux. Vous avez déjà contacté votre assurance.
- Oui. Un expert est venu mais on attend toujours ses estimations.
- Nous sommes tous débordés vous savez.
- C’est quoi votre problème ? Il y a trois semaines vous faisiez grève parce que la ville a suspendu des projets de construction de résidences et voilà que maintenant que toute la ville a besoin de vos services vous râlez aussi. Faudrait peut-être savoir ce que vous voulez, lui dit Mélinda
- Il y a eu des morts dans cette catastrophe.
- Oh c’est bon ! Épargnez-moi le couplet dramatique et faites votre travail. Moi aussi j’ai une entreprise à faire tourner mais je n’y suis pas puisque je vous ai attendu toute la journée. Encore heureux que mon magasin n’ait presque rien.
Mélinda vit sortir sa voisine de la maison blanche d’à côté. Il s’agissait de Lydia. Elle sortait peu depuis qu’elle avait repris possession de son corps.
- Je reviens, dit Mélinda à l’ouvrier du bâtiment.
Elle alla saluer Lydia.
- Alors chère voisine ? On montre enfin le bout de son nez.
- Il fait un temps magnifique aujourd’hui.
- Oui, dommage qu’il y ait tant de dégâts un peu partout. Tu sais ma proposition tient toujours si tu veux venir chez moi. On sera un peu à l’étroit maintenant que Chris, Kiara, Wyatt et William ont aménagé mais tu n’auras pas de fuite dans le salon au moins.
- Je te remercie mais je suis bien ici. Tu veux rentrer prendre un thé ?
Mélinda regarda l’ouvrier.
- Pourquoi pas. Je crois qu’il n’est pas prêt de finir.
Wyatt était dans son bureau et s’occupait des derniers préparatifs, avec le secrétaire de l’ambassade de l’Inde, de la soirée d’inauguration du nouveau bâtiment du Musée des Arts Asiatiques, consacré à l’Inde.
- La ministre de la culture sera présente ainsi que son homologue indien. Le système de traduction est au point, je l’ai moi-même testé hier, dit le secrétaire
- Je crois que nous avons passé en revu tous les détails. Ah non, il me manque encore la confirmation d’une chanteuse indienne qui doit venir. Elle doit m’appeler sous peu.
Toc toc toc
- Excusez-moi de vous déranger…..
- Ne vous excusez pas. Entrez Lindsay. Monsieur le secrétaire de l’ambassade de l’Inde je vous présente mon nouveau bras droit. Elle s’appelle Lindsay Walst. C’est une personne très compétente.
- Si monsieur Halliwell le dit alors je n’en doute pas. Enchanté de faire votre connaissance.
- Moi de même monsieur, répondit Lindsay
Le portable de Wyatt vibra.
- Veuillez m’excuser, dit-il puis il se mit à l’écart pour répondre. Allo ?
- Oui c’est papa. J’appelle de l’hôpital, dit Léo
- Ca ne va pas ?!
- Si, si, au contraire. Paige s’est réveillée. Elle est stable et reprend des forces petit à petit. J’appelais aussi pour avoir des nouvelles du frère de Kiara et de son ami…..Damien je crois.
- Eduardo est toujours aux soins intensifs mais Damien va mieux même s’il ne s’est toujours pas réveillé. Abenah est allé les voir au San Francisco Memorial. Damien aurait apparemment un cancer très grave et elle voudrait tester sur lui un traitement qu’elle a mis au point et qui a donné apparemment de très bons résultats.
- Enfin, quelque chose d’efficace contre ce fléau. Je te tiens au courant et désolé de ne pas venir ce soir.
- Ce n’est pas grave, je comprends. Il vaut mieux que vous restiez auprès de tante Paige. Je suis ravi qu’elle aille mieux. Embrasse-la pour moi.
H-8 :
Mélinda venait de finir sa deuxième tasse de thé.
- As-tu une idée….enfin sais-tu pourquoi Raspoutine t’a choisi toi ? Je veux dire qu’il n’a pas abusé du pouvoir de présidente du Conseil de la Magie que tu avais ? Il aurait pu faire bien plus de choses que de suivre aveuglement un plan qui lui tenait à cœur ?
- Au début je pouvais parfois arriver à reprendre le contrôle de mon corps mais très vite je me suis sentie faible jusqu’à être obligée de le voir utiliser mon corps, impuissante. Mais durant cette période, j’ai appris beaucoup de choses sur Raspoutine. Ce n’est pas un démon qui prend les choses en main. Il est très intelligent, c’est un fin stratège mais il exécute toujours ses plans pour quelqu’un, comme avec le Diable. Il était plus fort que Raspoutine en terme de pouvoir mais ce dernier se faisait manipuler comme les autres avant lui.
- Donc Raspoutine travaillait pour quelqu’un ?
- En fait, le Conseil pensait depuis le début qu’il voulait libérer un ou plusieurs Dieux, dit Lydia
- Pourquoi nous n’étions pas au courant avant puisque le Conseil le savait ?
Lydia ne répondit pas.
- Lydia, tu sais que je peux lire dans ton esprit et même si je n’en ai pas envie je vais devoir le faire !
- Raspoutine ne m’a pas choisie. C’est moi qui l’ai choisi.
- Je ne comprends pas.
- Le Conseil savait que Raspoutine n’était pas mort lors de l’Ultime Bataille. Il savait même où il se trouvait. J’ai été volontaire pour offrir mon corps afin que le Conseil puisse suivre l’évolution du plan de Raspoutine. J’ai rencontré son ami Sarov et je me suis liée d’amitié avec lui. Il m’a proposé, comme le Conseil l’avait prévu, de rencontrer Raspoutine et de l’aider dans ses projets et j’ai accepté.
- Pourquoi t’es-tu portée volontaire ? demanda Mélinda
Lydia se tut une fois de plus. Mélinda ne souhaitant pas attendre, rentra dans son esprit et vit d’immenses prisons et un homme qui ressemblait un peu à Lydia.
- Mon frère était prisonnier dans les prisons de l’Enfer. Lorsque le Bien a remporté l’Ultime Bataille et que le Conseil a décidé de prendre possession de l’ancienne place forte du mal, il a découvert ses prisons et les centaines de personnes qui y étaient enfermées.
- Ne me dis pas que…..
- Si. Le Conseil a utilisé les prisonniers comme des otages. Si je voulais revoir mon frère je devais accepter la mission qu’il voulait me confier.
- Et ton frère à présent ?
- Je ne sais pas où il est, dit Lydia qui se mit à pleurer. Ils ne me l’ont pas rendu !
Mélinda se leva brusquement de sa chaise, qui tomba sur le sol. Elle partit de la maison en claquant la porte, ce qui eut pour effet d’agrandir la fuite dans le salon. Elle rentra chez elle et croisa Jonathan qui montait les marches du Manoir.
- J’ai essayé de t’appeler toute la journée.
- Et moi j’ai essayé depuis deux semaines, répondit Mélinda qui s’apprêtait à rentrer
- Attends, il faut qu’on parle !
- Qu’on parle de quoi ?! Du fait que je sois une sorcière et que je ne pouvais pas te le dire car j’avais peur de te faire fuir ? Que j’ai un travail monstre qui m’attend mais que je n’ai pas le temps ? Que mon ex petit ami est revenu en ville et que je n’ai pas envie de le croiser encore ? Alors vas-y, dis moi ! Tu veux qu’on parle de quoi ?!
- Epouse-moi, dit Jonathan qui sortit de la poche gauche de sa veste un écrin.
- Quoi ? demanda-t-elle très surprise
- Epouse-moi, redit son petit ami qui se mit à genoux et ouvrit l’écrin pour laisser apparaître une belle bague sertie d’un diamant.
Alors que Mélinda semblait s’être figée, l’ouvrier du bâtiment arriva derrière elle.
- Je viens de terminer et ça s’annonce plus cher que je ne le pensais. On dépasse les 100 000 dollars. Et un homme est arrivé il y a 10 minutes.
- Ah enfin tu es là Mélinda, dit Mark qui sortit à son tour du Manoir.
Mélinda qui ne bougeait plus depuis deux minutes alla se coucher dans l’herbe.
- Mélinda est-ce que ca va ? demanda Jonathan qui s’était relevé
- Fermez la porte en sortant s’il vous plait, leur dit-elle
H-7 :
Lydia sortit de chez elle décidée à profiter de cette belle journée pour prendre les couleurs qu’elle avait perdues lorsque son corps était possédé par un sorcier russe. Elle allait s’asseoir sur une chaise blanche de sa terrasse lorsqu’elle vit des gens devant le manoir Halliwell. Elle aperçut Mélinda couchée sur le sol. Elle alla voir ce qui se passait.
- Je peux savoir pourquoi vous restez là sans bouger messieurs ?
- Elle n’est pas malade, elle s’est juste couchée là il y a presque une heure et depuis elle regarde dans le vide sans bouger, dit l’ouvrier du bâtiment
- Vous devez sûrement être l’ouvrier pas très futé. Vous pouvez partir, ils vont rappelleront, dit Lydia
Ce dernier, ronchon, s’exécuta.
- Mélinda qu’est-ce qui ne va pas ?
Elle ne répondit rien.
- Je vais aller chercher son cousin, restez près d’elle, ne la perdez pas de vue et évitez de vous entretuer.
Lydia alla chercher ses clefs puis partit en voiture.
- Pourquoi on s’entretuerait ? se demanda Jonathan
- C’est vrai qu’on ne s’est pas présenté. Je suis Mark Fallon, l’ex petit ami de Mélinda qui tente de la récupérer. Vous devez être Jonathan son petit ami ?
- Appelez-moi futur mari. Je viens de lui faire ma demande.
- On dirait que ça lui a fait un choc, dit Mark en regardant Mélinda
- Ce n’est pas ma demande……enfin je pense.
Lydia arriva devant la porte du bureau de Wyatt. Elle entendit des voix. La porte était entrouverte. Lydia vit Wyatt en train d’embrasser Lindsay Walst. Elle s’apprêtait à partir mais se souvint de Mélinda. Au même moment Lindsay sortit.
- Oh mon Dieu !! Lydia !! dit-elle tout en la serrant fort dans ses bras. Ca fait une éternité ?
- Vous vous connaissez ? demanda Wyatt qui était sorti de son bureau.
- On a grandi ensemble !
- Le monde est petit. Tu as l’air en pleine forme, dit Wyatt qui lui fit la bise
- Vous vous connaissez aussi ? demanda Lydia
- Disons pour faire court que nous sommes voisins, dit Lydia
- J’allais prendre un café au coin de la rue avant de me préparer pour la soirée d’inauguration, viens avec moi.
- D’accord. Wyatt il faudrait que tu ailles voir Mélinda, elle ne va pas très bien.
- Qu’est-ce qu’elle a ?
- Je ne sais pas. On dirait qu’elle est…..bloquée. Tu devrais passer au manoir.
- J’y vais de suite. Merci et ce soir je compte sur toi.
Lydia et Lindsay se retrouvèrent à la terrasse du café « Le Blue ».
- Je vous ai vus, toi et Wyatt, dit Lydia
- Et alors ?
- Alors, il est avec quelqu’un !
- Tu es bien placée pour savoir que cela ne ma jamais arrêté.
- Il ignore tout de toi et d’ailleurs tu ignores tout de toi aussi.
- Tu crois que je ne sais pas qu’il n’est pas attiré par moi ? Je sais que tout cela n’est qu’une illusion….mais c’est la seule chose qu’il me reste pour avoir une relation, dit Lindsay
- Tu as une autre solution.
- Je ne laisserai pas de côté l’héritage de ma famille.
- Ne brise pas ce couple Lindsay. Ce sont mes seuls amis ici et crois-moi il n’y a rien de plus insupportable que de ne pas contrôler son corps.
- Bien, j’ai compris ! Je te propose de parler d’autre chose comme de ce que nous allons porter ce soir ?
Wyatt arriva au manoir. Il vit Mark, Jonathan mais aussi Nathalie. Elle venait juste d’arriver.
Tous tentèrent de la faire parler, de comprendre ce qu’elle avait mais rien n’y fit. Un mot cependant réussit à déclencher une réaction. Nathalie avait prononcé le nom « conseil de la magie ». Mélinda se leva en douceur et regarda Nathalie et son cousin.
- Nous devons aller au Conseil de la Magie. J’ai besoin de péter un plomb. Après ça ira mieux.
H-6 (8h00 du matin à Moscou) :
Derek Wild et ses amis avaient établi leur quartier général dans une vieille bâtisse jouxtant le monastère Ivanovski. Chris et Kiara leur posaient des questions.
- Pourquoi ne pas avoir changé de nom ? demanda Kiara
- Il existe 1567 Derek Wild à Moscou et je sais que Rickman me cherche et je sais aussi qu’il pense que la première chose que j’ai faite c’est de changer d’identité.
- Vous jouez avec le feu, dit Chris
- Plus on est proche du danger plus on est en sécurité.
- Et vos amis ?
- Ce sont des sorciers de différentes nationalités qui ont comme moi été victime de l’incompétence du tribunal de la magie.
- Sauf que dans votre cas cela concerne les deux mondes, ajouta Kiara
Un des amis de Derek, couché sur un canapé, fit venir à lui une bouteille de vodka grâce à la télékinésie. Il l’ouvrit et en but une gorgée.
- Vous possédez tous le pouvoir de télékinésie ? demanda Chris
- C’est un pouvoir très répandu. Mais vous êtes le seul à l’utiliser avec autant de puissance.
- Nous savons que vous avez en votre possession des informations de très haute importance. Si nous sommes ici c’est pour rétablir l’identité de Jack Holmes, malheureusement mort et de Nathalie Doyle, officiellement portée disparue. Sans compter tout ce que nous avons découvert et qui nous porte à croire que Rickman pourrait déclencher une guerre, dit Kiara
- Et qu’est-ce que j’y gagne ?
- La vérité. Vous serez enfin disculpée. Vous n’aurez plus à vous cacher.
Thor et Adam, dans la maison de ce dernier, sur l’Atlantide, observaient depuis plusieurs jours à présent l’Oracle des Dieux. Le somptueux globe ne semblait vouloir livrer aucun de ses secrets. Il ne réagissait à aucune magie.
- Il nous faudrait les pouvoirs du Créateur ou d’un Dieu, dit Adam
- Cet Oracle n’a pas été créé pour les Dieux donc il doit y avoir un autre moyen, dit Thor
- Toute notre science à échoué. Même le pouvoir des trois n’y est pas arrivé.
- Si Sarov et Raspoutine connaissaient l’existence de l’Oracle alors ce doit être le cas pour d’autres.
- Je connais tous les livres de la bibliothèque. Aucun n’en parle.
- N’y a-t-il pas un autre endroit possible ? demanda Thor
- Eh bien….il est connu que le conseiller Aldreen possède une collection de livres rares et précieux. Cependant sa demeure est gardée par des sorts puissants. Si on se fait prendre je serai banni de la cité à jamais, dit Adam
- A toi de décider cher ami. Qu’est-ce qui est plus important pour toi…..découvrir ce que contient l’Oracle des Dieux, peut-être le plus puissant objet magique de tous les temps ou vivre sur cette cité entourée d’eau ?
Mélinda, Nathalie et Wyatt venaient d’arriver au Conseil de la Magie. Kate était au téléphone avec Wyatt.
- Je sais que je devais rentrer mais il s’est passé des choses, dit ce dernier
- Tu viendras au moins me chercher ou je dois appeler un taxi pour m’amener au musée ?
- Je viendrai. Je règle un problème et après je viens.
- Des choses, un problème….d’habitude tu ne caches rien, dit Kate
- C’est une affaire avec le Conseil de la Magie et je ne sais pas ce qu’il va ressortir de tout cela. Allez je te laisse. A tout à l’heure.
Les trois sorciers rentrèrent dans la salle où le Conseil se réunissait.
- Nous sommes en pleine réunion ! Nous pourrons éventuellement vous entendre plus tard, dit Rezor, le représentant des Gobelins
- J’ai entendu dire que vous aviez pris du galon Rezor, dit Mélinda. Il parait que vous êtes à la tête du Conseil à présent ? Un rêve vieux de plusieurs années. Comment avez-vous fait ? Vous les avez payés ou vous leur avez dit que vous alliez tuer leurs proches ?
- Comment osez-vous ?!!
- Vous comment osez-vous ?!! dit Wyatt. Comment osez-vous vous servir de prisonniers comme otages ?!! Nous savons que vous avez fait chanter Lydia.
- Dans le seul but de trouver un moyen de stopper Raspoutine, ajouta Alan, le représentant des fées
- Vous auriez dû nous en parler, dit Nathalie. Nous sommes alliés….enfin c’est ce que l’on croyait.
- Soyons clair, c’est nous qui dirigeons ce monde, pas les Prophètes ! dit Rezor
- Ecoutez-moi bien, sale vermine ! A partir de ce jour les Prophètes ne travaillent plus avec ou pour le Conseil. Ne venez plus nous chercher, ne nous appelez plus à l’aide à l’avenir, dit Mélinda
- Et vous devez libérer les prisonniers des Enfers ! ajouta Wyatt
- Les prisonniers se sont enfuis il y a bien longtemps. Nous avons tenté de les retrouver mais sans résultat, dit Alan
- Le monde saura la vérité tôt ou tard et vous devrez répondre de vos actes, dit Nathalie
- Retournez à vos affaires, sorcière. Nous savons tous que la tache de diriger ce Conseil était trop éprouvante pour vous.
Mélinda brisa, avec son pouvoir de l’Esprit, la chaise sur laquelle Rezor était assis. Il s’effondra sur le sol alors les sorciers repartirent. Sur le chemin du retour, Nathalie reçut un appel d’Abenah lui demandant de la rejoindre au San Francisco Memorial. Damien venait de se réveiller.
Abenah parlait à Damien, dans sa chambre d’hôpital au San Francisco Memorial.
- Mon mari travaillait sur de nombreux projets dont l’un a donné des résultats très concluants.
- J’ai trois cancers avancés. Ce ne sont pas de résultats concluants mais de miracles dont j’ai besoin.
- Les tests que Rickman a réalisés sur toi ont modifié tes gênes entraînant des transformations cellulaires et un cancer.
- Pourquoi ne l’a-t-on pas vu avant ?
- Ce cancer était là depuis des mois mais on ne pouvait encore déterminer que c’en était un. Il semble qu’il ne se soit développé que depuis très peu de temps…..et à une très grande vitesse, dit Abenah. Si nous ne faisons pas quelque chose rapidement tu n’auras pas plus d’un mois à vivre.
- Ok. Parle-moi des recherches de ton mari.
- Il a prélevé des cellules d’êtres de lumière qu’il a clonées puis étudiées. Il a remarqué que ces cellules ne pouvaient se transformer comme celles des mortels. Tout ceci dans le but que les êtres de lumière ne puissent mourir de maladies humaines. Il a fait des essais sur des sorciers en phase terminale et il a remarqué que les cellules des êtres de lumière empêchaient le développement du cancer et dans certains cas, le pouvoir des cellules d’êtres de lumières détruisait les cellules cancéreuses.
- C’est une excellente nouvelle, dit Damien
- Oui, c’est certain mais cela n’a jamais été testé sur des mortels. Je ne sais pas quelle réaction les cellules auront dans ton organisme.
- Mourir dans un mois ou avoir une chance de survie ? Le choix est vite fait.
Toc toc !
- Entre Nathalie, dit Damien, heureux de la voir.
- Je vais vous laisser, dit Abenah. Je vais me mettre tout de suite au travail. Au revoir.
Elle les embrassa puis quitta la chambre. Nathalie s’assit au bord du lit de Damien.
- Je vais être directe. Je culpabilise énormément. J’ai l’impression que je suis maudite, que je ne peux rien réussir que ce soit professionnellement ou personnellement. Je pense que ce qui t’arrive est ma faute et tu me plais. Je sais que je te plais aussi et même si je me suis demandé si c’était une bonne idée avec toute cette histoire avec Jack, je veux bien qu’on essaie de construire quelque chose ensemble.
- Je risque de mourir dans un mois.
- Alors ce sera le mois le plus fabuleux de toute ta vie, dit Nathalie qui l’embrassa
H-5.30 (8h30 du matin à Moscou) :
Derek, Chris et Kiara s’étaient rendus sur une colline surplombant la métropole gigantesque de Moscou.
- Je suis venu ici une fois en voyage avec mes parents. J’étais jeune mais j’ai tout de suite apprécié ce lieu. Les américains ont toujours eu de la défiance envers les russes….moi j’y ai toujours ressenti des sensations, éprouvé des sentiments qui m’étaient inconnus aux Etats-Unis.
- C’est peut-être à cause du communisme non ? demanda Chris
- Le communisme n’est plus qu’un fantôme du passé ici. Ce pays est devenu aussi capitaliste que les autres qui se disent civilisés.
- Que faites-vous ici ? demanda Kiara
- Je survis. Je fais des petits boulots.
- Ne me faites pas croire que vous n’enquêtez pas, que vous n’essayez pas de trouver qui a tué vos parents ?
- Si, j’essaye depuis des années mais sans succès. Le chagrin reste mais la volonté disparaît peu à peu. Je suis fatiguée.
- Donc, vous êtes là, dit Chris, et vous vivez une existence……tranquille
A ce moment deux hélicoptères apparurent et braquèrent leurs projecteurs sur Derek. L’un deux lança un filet rattaché par une corde. Le filet captura Derek et l’électrocuta afin qu’il perde connaissance. Les occupants de l’autre hélicoptère tirèrent des coups de fusil sur Chris et Kiara qui ripostèrent par télékinésie et pouvoirs d’ondes. L’hélicoptère déstabilisé s’écrasa après que ses occupants se soient éjectés de l’appareil. Le premier hélicoptère en profita pour disparaître, avec Derek.
Chris et Kiara allèrent retrouver les deux hommes éjectés du second hélicoptère. Ils utilisèrent leurs pouvoirs pour les faire parler mais ils ne dirent mot.
- Si on parle il nous tuera !
- Si vous ne parlez pas c’est nous qui vous tuerons. Vous perdez sur les deux tableaux, dit Chris
- Oui, mais on a plus peur de notre boss.
- Vous ne devriez pas.
Jonathan se trouvait dans le stade hippique de la ville. Il fut rejoint par un homme dont il avait fait la connaissance plus tôt dans la journée.
- Tiens ! Comme on se retrouve ! lança Mark en voyant Jonathan
- Ne me dites pas que vous me suivez ?
- Pourquoi cette question ? demanda Mark
- Eh bien, on se retrouve dans ce stade de plusieurs milliers de personnes, qui plus est, un jour de semaine à une heure où il n’y a que des courses de faibles enjeux. Votre travail de procureur vous laisse-t-il tant de temps libre ?
- Pour répondre à votre première question, je dirai que je ne crois pas au hasard. Et pour répondre à la deuxième je rajouterai qu’il faut s’entourer de bonnes personnes à qui on peut faire confiance.
- Vous êtes comme Mélinda. Vous ne croyez pas au hasard. Vous n’allez pas abandonner n’est-ce pas ? demanda Jonathan
- Pas depuis que je sais que Mélinda n’a pas répondu favorablement à votre demande.
- Elle n’a pas dit non, fit remarquer Jonathan
- Un historien et prêtre québécois a dit un jour : « un homme qui hésite, c'est un homme qu'on peut tenter. » Je suppose que cela s’applique aussi aux femmes. Je l’ai déjà perdue une fois alors je vais saisir cette faille.
- Quelles sont donc nos options ?
- Soit Mélinda accepte de se marier avec vous, et je partirai en respectant cette décision, soit elle refuse et elle revient avec moi, dit Mark
- Elle pourrait refuser car elle ne se sent pas encore prête.
- Connaissant Mélinda, si elle n’est pas prête à s’engager maintenant, elle ne le sera pas dans l’avenir. Bien sûr, il y a le risque qu’elle dise non et ne veuille rester avec aucun d’entre nous.
A ce moment-là, il y eut une exclamation dans le public lorsque Beauregard, l’outsider, franchit en premier la ligne d’arrivée.
- Alors, que le meilleur pour Mélinda gagne, dit Mark
- D’accord, mais ne me sous-estimez pas. J’ai beaucoup de flair. Désolé, je dois vous laisser. Je vais aller chercher mes gains.
H-5 (9h00 du matin à Moscou) :
- Grâce à la formule de vérité ils nous ont dit ce que l’on voulait savoir, dit Chris. On les a laissés dans la nature. On a été long car vos boucliers de protection brouillent mon pouvoir de téléportation.
- C’est un certain Retskov qui a commandité son enlèvement, dit Kiara
- C’est un ancien flic de la police de Moscou. Il travaille à présent pour le C.I.A. Nous savons où il se terre mais c’est une vraie forteresse.
- Nous sommes plein de ressources, fit remarquer Chris
- Croyez-moi pas assez. Mais nous allons y remédier. Suivez-moi.
Il les amena au monastère Ivanovski. Il les fit entrer dans un confessionnal.
- C’est étrange, je ressens une sorte de culpabilité depuis que je suis rentré dans ce minuscule endroit, dit Chris
- Comment crois-tu qu’il faisait avouer leurs fautes aux dissidents pendant les guerres, ironisa Kiara
Le mur du confessionnal s’ouvrit laissant place à un long couloir. Ils l’empruntèrent jusqu’à une porte blindée. Pablov les rejoint. Il tapa dans ses mains et ils se mirent à descendre.
- Un ascenseur répondant à un frappement des mains ? Ingénieux les communistes.
- Je vous demande pardon ?
- Désolé. Déformation culturelle, s’excusa Chris
Ils arrivèrent dans un sous-sol rempli d’hélicoptères et d’armes.
- Je vois de quelles ressources vous vouliez parlez, dit Kiara
- Non ça m’étonnerait. Cristal ! dit Pablov
Une cage de cristal apparut autour de Chris et Kiara
- Je suis de près Derek Wild depuis des années. Il n’est pas question qu’il m’échappe. Retskov m’a promis une place de choix et l’immunité.
Pablov monta dans un hélicoptère et s’enfuit grâce au toit du sous-sol qui s’ouvrit sous les jardins du monastère.
Thor, Adam et Lydia se trouvaient sur l’Atlantide, devant la maison du conseiller Aldreen.
- Tu n’allais pas rester chez toi toute la journée Lydia. Tu as besoin de te remettre en selle. Mais au fait comment tu as fait avec ton travail à l’agence immobilière ? demanda Thor
- Lorsque j’ai senti que Raspoutine prenait de plus en plus de pouvoir, j’ai pris un congé sans solde. Me voilà donc libérée mais presque sans un sou.
- L’argent n’est qu’artifice. Seul les gens comptent, dit Adam. Enfin, c’est ce que j’ai entendu dans une série moraliste américaine.
- Attention quelqu’un sort ! Prévint Thor
Ils se cachèrent et virent le conseiller Aldreen sortir de chez lui. Il avait une pierre rouge lumineuse à la main.
- On peut y aller, dit Thor qui les téléporta à l’intérieur.
L’intérieur était très sobre. Que du carrelage et des rideaux en flanelle. Adam semblait troublé.
- Quelque chose vous tracasse ? lui demanda Lydia
- Eh bien, lorsque le conseiller est sorti, il tenait dans sa main une pierre.
- La pierre rouge ?
- Oui. Il s’agit d’une pierre d’alerte. Elle brille à chaque fois que les conseillers doivent se réunir de façon exceptionnelle. La dernière fois qu’elle a brillé, c’était pour décider si nous devions dévoiler au monde magique que la cité n’avait pas été engloutie.
- Nous serons bien assez de deux pour chercher un livre susceptible de nous en dire plus sur l’Oracle des Dieux, dit Thor. Tu devrais aller te renseigner. Il n’est jamais bon d’être dans l’ignorance.
H-4.30 (9h30 à Moscou) :
- C’est le fait qu’on se soit fait prendre comme des débutants qui t’énerve ? demanda Kiara à son mari, tous deux prisonniers dans une cage de cristal
- Non. Plutôt le fait qu’il m’ait sous-estimé encore une fois, répondit Chris qui fit apparaître des doubles pour les faire sortir de leur cage.
- Je ne crois pas que cette erreur soit volontaire. A mon avis, on est en plein dans une histoire d’agents doubles, dit Kiara.
- Qu’est-ce qui te fait croire cela ?
- Pablov a inscrit l’adresse du QG de Retskov sur ce mur.
- Je ne me ferai jamais à ses noms en « ov ». Allez, en route, dit Chris qui monta dans un hélicoptère.
- Tu fais quoi chéri ?
- Je ne veux pas me téléporter au risque de tomber sur une bande de molosses armés de kalachnikovs. Et puis, j’ai toujours voulu en conduire un.
Les début furent laborieux, comme le prouvèrent les rayures sur l’hélicoptères mais ils finirent pas décoller. Ils furent cependant très rapidement rejoints par un hélicoptère de la police russe.
- Voici sûrement les amis des Retskov, dit Kiara
- Quand je dis qu’ils ne sont pas nets ses orthodoxes !
- Pablov est dans l’hélicoptère ! Il est ligoté.
- T’avais raison pour l’agent double, lui dit Chris
Adam se rendit au conseil de la ville. Sur le chemin il vit passer Mélinda et Wyatt. Ils avaient l’air très tendue. Il décida pour ne pas se faire voir d’aller chez lui et d’avaler une potion d’invisibilité, dont il avait trouvé le processus de création dans un livre de sa cave. Après être devenue invisible il se rendit à la cession extraordinaire du conseil Atlante. Wyatt et Mélinda était au centre de l’hémicycle.
- Nous avons annoncé au Conseil de la Magie que nous ne les soutenions plus et nous sommes venus en personne pour savoir qu’elle serait votre décision en ces temps où les alliés et les soutiens se font rare, dit Mélinda
- Notre représentant au Conseil de la Magie nous a fait part de votre….intervention et des terribles actes qu’a commis le Conseil envers des prisonniers du monde souterrain. Nous avons réuni le Conseil d’urgence pour qu’ils vous écoutent et qu’il puisse, par la voie démocratique, choisir leur position, dit le conseiller Aldreen.
Adam s’amusa de son statut d’être invisible pour faire des grimaces aux conseillers qui ne le voyaient pas.
- Vous voulez dire que vous allez voter ? demanda Wyatt
- Exactement. Que chacun s’exprime librement ! Levez la main gauche si vous êtes pour un soutien plein et entier envers les Prophètes dans leur poursuite de l’accomplissement de l’Ultime Prophétie, quelque soit les conséquences négatives qui en découleront.
Sur 130 conseillers, 73 levèrent la main. Une majorité, certes, mais loin d’être écrasante et suffisante pour les deux prophètes qui voyaient là un risque dans l’avenir. Adam ne remarqua pas que sa potion n’était plus efficace et que tout le monde dans l’assemblée le regardait faire ses grimaces et ses danses extravagantes.
Thor et Lydia continuaient de chercher un livre susceptible de les aider.
- Il y a beaucoup de livres mais aucun ne de très utile. A moins que tu veuilles planter des navets magiques dans ton jardin, dit Lydia
- Ma mère en a dans son jardin. C’est très bon.
- Je ne sais pas ce que je vais faire après. Si j’ai vraiment envie de reprendre mon travail.
- Rester sans rien faire n’est jamais bon. Une activité te permet de sortir et de t’aérer l’esprit.
- C’est vrai que le mien en aurait bien besoin. Ah ! Je crois que j’ai trouvé quelque chose ! Un livre qui s’intitule « Secrets prétendus non démontrés mais approuvés et soutenues par les Atlantes ». Il y a un chapitre sur la création. Il parle du Créateur, des Dieux et il y a également une page sur un objet qu’ils appellent : « le Savoir des Dieux ».
- Bravo très chère je crois que nous tenons le bon. Je vais utiliser une formule pour le dupliquer et il ne nous manquera plus qu’a le lire en espérant percer les secrets de cet oracle, dit Thor
H-4 (11h00 à Moscou) :
- Chris essayait d’éviter les tirs des hommes qui conduisaient l’hélicoptère.
- Une course poursuite en hélicoptère ! On aura presque tout fait !
- Ils viennent de la jeter dans le vide !! cria Kiara
Pablov hurlait et fendait l’air à très grande vitesse, voyant le sol se rapprocher de plus en plus.
- Prends le volant…..enfin le guidon ou je ne sais pas quoi ! ordonna Chris
Il se téléporta et sauva in extremis Pablov. Il le ramena dans son hélicoptère.
- Nous travaillons depuis des années avec Retskov afin d’obtenir des informations importantes mais il a tout découvert grâce à des taupes et à des agents de Rickman très bien renseignés.
- Ils sont vraiment partout, fit remarquer Chris
- J’ai réussi à libérer Derek mais ils m’ont pris sur le fait. Il a réussi à s’échapper. Je ne voulais pas vous enfermer dans cette cage de cristal. Je voulais simplement vous ralentir afin que vous arriviez trop tard. Ils ne doivent pas voir vos pouvoirs. Retskov vous traquerait aussi.
- Donc, vous vouliez nous ralentir. J’aime mieux ça. Je croyais que vous nous sous-esti…
L’aile droite et l’hélice de l’hélicoptère explosèrent. Un morceau d’acier de l’appareil venait d’empaler Pablov. Ce-dernier, mort sur le coup, tomba dans le vide et s’écrasa. L’hélicoptère allait faire de même. Chris et Kaira se téléportèrent dans l’autre hélicoptère. Ils capturèrent ses occupants et les laissèrent dans un marais loin de la ville. Comme ils le pensaient, ils trouvèrent Derek Wild dans son quartier général.
- Tout a raté. Mes amis sont morts.
- Tout n’est pas fini. Nous sommes avec vous. Nous avons besoin de votre aide et vous avez besoin de la notre, dit Kiara. Venez avec nous à San Francisco. Plus rien ne vous retient ici.
- Je…..je dois rester ici pour dire au-revoir à certaines personnes et rassembler des affaires, dit Derek
- Faites ce que vous avez à faire mais ne soyez pas trop long. Le temps nous manque.
- Oui, d’ailleurs on devrait se dépêcher ou Wyatt va nous en vouloir d’être en retard pour sa soirée, fit remarquer Chris
Wyatt inspectait le buffet dans les moindres détails avant que les invités n’arrivent.
- Nerveux ?
- Un peu oui. C’est une nouvelle page de ma carrière qui s’ouvre. Demain, tous les magazines d’archéologie et de culture en général feront la critique de cet évènement, dit Wyatt qui se retourna pour voir son ancien patron, le directeur de la Brian Legend Compagny
- Monsieur Brian ? Que faites-vous ici ?
- Je ne pouvais pas manquer cette soirée. Nos relations ont été un peu difficiles lorsque vous êtes parti mais je suis obligé de reconnaître que mon entreprise a acquis sa notoriété en grande partie grâce à vous. Je pensais d’ailleurs que nous pourrions rester en contact. Une équipe doit partir pour l’Inde dans deux semaines. Vous serez peut-être intéressé par quelques découvertes ?
- Oui, c’est possible.
- Vous avez mon numéro. A plus tard alors.
- D’accord. Bonne soirée.
Les invités ne tardèrent pas à arriver. Les animations furent appréciées, de mêmes que le somptueux buffet. La soirée semblait être une grande réussite. Wyatt jonglait entre les rencontres avec des personnalités connues du monde de la culture, de la politique, des interviews pour la presse et la télé locale et des moments avec ses proches.
H-1 :
- Tu as l’air exténué ? lui fit remarquer Kate
- C’est le cas. Je n’ai même pas encore eu le temps de manger quelque chose.
- J’ai eu mes sœurs au téléphone tout à l’heure. Je vais devoir aller à Seattle la semaine prochaine.
- Tu veux que je vienne avec toi ? demanda Wyatt
- Si tu n’arrives pas à venir me chercher pour une soirée, comment pourrais-tu prendre une semaine pour m’accompagner à Seattle ?
Wyatt vit Lindsay avec l’ambassadeur de l’Inde. Il eut des flashes de son baiser avec elle.
- Wyatt ? Wyatt !!
- Quoi ?
- Encore une fois, tu es absent et tu ne m’écoutes pas, dit Kate
- Je suis désolé c’est une période difficile. Mais ça ira mieux, je te le promets. Excuse-moi.
Wyatt alla dans son bureau. Il fut rejoint par Lindsay.
Kiara s’était éclipsée de la soirée pour aller voir son frère à l’hôpital. Nathalie, également en tenue de soirée arriva quelques minutes plus tard dans la chambre d’Eduardo. Elle vit Kiara assise au fond de la pièce.
- Désolée, je ne savais pas que tu étais là, dit Nathalie
- Je suis partie un instant de la fête.
- Oui moi aussi. Bon….ben je vais vous laisser.
Elle s’apprêta à partir puis s’arrêta sur le pas de la porte.
- J’ai l’impression de tout rater et sur tous les plans. Alors j’ai décidé d’y remédier. Je sors avec Damien depuis quelques heures et je pense sérieusement à retravailler dans la publicité.
- J’ai peur de perdre encore un membre de ma famille. Surtout quand on sait que j’ai été injuste avec lui…….et avec toi. Et j’ai décidé de nommer Damien comme chef de mon cabinet, dit Kiara qui semblait avoir besoin elle aussi de se confier
- On est deux sorcières maudites.
Les deux femmes éclatèrent de rire.
H 0 :
Il était une heure du matin. Wyatt tenait une coupe de champagne. Il était pensif. La cravate de son costume desserrée, il semblait pensif. Il était assis à l’extérieur du musée des Arts Asiatiques. Ce soir, il s’agissait de la soirée d’inauguration d’un nouveau espace entièrement consacrée à l’Inde, que Wyatt allait diriger. Son frère vint le rejoindre.
- Sympa comme soirée, dit Chris
- Ouais. En tout cas, ton costume a fait sensation.
- C’est la marque Guillotine qui me l’a offert. Il est fait sur mesure. Un cadeau pour avoir accepté de poser avec leur dernière collection sur des pubs pour le Bay Mirror.
Un long silence s’installa.
- Ca va ?
- J’ai couché avec Lindsay.
- Tu as couché avec Lindsay ? Moi qui me demandais pourquoi tu l’avais engagée.
- C’est pas parce qu’elle est blonde qu’elle n’est pas intelligente. C’était la mieux pour ce poste, dit Wyatt. Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Dire la vérité à Kate ?
- Surtout pas ! A moins que ce ne soit sérieux entre vous deux.
- Non. Je ne sais pas ce qui m’a pris, je…..j’ai rien pu contrôler. En quelques secondes je me suis retrouvé sur elle et……j’aime Kate et je veux rester avec elle. Je sens que c’est sérieux.
- Alors, ne lui dis rien sinon tu vas tout foutre en l’air, lui conseilla Chris
- C’est ce que tu conseillerais à tes lecteurs ?
- Bien sûr que non. Même si je m’efforce de paraître le plus libre possible dans mes écrits je suis tenu dans certains cas de dire que le mensonge est mal et que la fidélité est bien. Enfin toutes les conneries que l’industrie du mariage nous force à dire. Désolé pour Kate.
- Comment on en est arrivé là ? Comment toutes ces choses ont pu se produire ?
- Ca a été une journée pleine de surprises, dit Chris, mais presque aucune de bonne.
- On a coupé les ponts avec le Conseil de Magie, Mélinda s’est retrouvée dans un nouveau triangle amoureux, Damien qui est malade et l’état d’Eduardo qui ne s’améliore pas.
- Heureusement que pour tante Paige ça va mieux. Ca donne un peu d’espoir à cette journée qui semble se terminer mieux qu’elle n’a commencée, dit Chris
- Tu crois vraiment que je ne dois pas dire la vérité à Kate ?
- Dire ce qui s’est passé peut te montrer si l’amour de Kate est fort….mais si ce n’est pas le cas…. En tout cas, ne fais pas comme ces hommes qui réagissent de façon excessive comme lui demander de vivre avec toi. Ils veulent prouver qu’ils aiment la femme avec qui ils sont mais personne n’est dupe. Je veux dire que si cela arrive c’est……..enfin, c’est qu’il y a forcement une raison, dit Chris tout en regardant son frère.
Le portable de ce dernier sonna. Il décrocha.
- Salut chérie ? Où es-tu, ça fait une heure que je ne t’ai pas vue ?
Son visage devint grave.
- A l’hôpital ?!
Il raccrocha quelques secondes plus tard.
- Qu’est-ce qu’il se passe ? lui demanda Wyatt
- J’ai bien peur que la journée ne finisse encore plus mal qu’elle n’a commencé, dit Chris
Une demi-heure plus tard ils étaient à l’hôpital. Les yeux d’Eduardo venaient de se fermer à jamais. Sa sœur était inconsolable. Chris la serrait fort dans ses bras. Nathalie ne put retenir ses larmes et se blottit dans les bras de Damien. Wyatt, sentant l’émotion le submerger préféra sortir de la chambre et marcher dans les couloirs de l’hôpital. Kate le rejoignit.
- Tu veux qu’on sorte un moment ? lui demanda-t-elle
- Non ça va aller. Je ne veux pas craquer, pas devant Kiara. C’est suffisamment dur pour elle.
- La soirée ne s’est pas passée comme nous l’avions espéré. Cette soirée devait être la tienne.
- Le hasard cruel de la vie. Il y a une heure elle riait. Maintenant elle pleure. Elle qui a déjà perdu ses parents.
- Je croyais que tu ne croyais pas au hasard ? Que tout arrivait pour une raison précise?
Wyatt eut alors un flash et il se vit avec Lindsay en train de faire l’amour.
- C’est parfois plus facile de se dire qu’il n’y a pas de raison.
- Je vais rejoindre Kiara. Elle a besoin de soutien et je pense que tu as besoin d’être seul un instant.
Alors qu’il vit Kate s’éloigner, Wyatt eut d’un coup le courage de tout lui avouer.
- Kate !
- Oui ?
- Il faut que je te dise……….
- Quoi ? demanda-t-elle
- Veux-tu m’épouser ?
Mélinda revint à la soirée d’inauguration. Elle préférait rester sur les marches de l’entrée du musée. Elle n’avait plus le cœur à la fête. Elle vit passer devant elle un couple de personnes âgées qui se tenaient par la main et se regardaient comme lorsqu’ils avaient 20 ans. Mark sortit du musée.
- Ca fait une heure que je te cherche !
- Tu m’as trouvée. Qu’est-ce que tu veux ?
- Te dire que je vais me battre pour toi.
- C’est inutile. Tu as eu ta chance……tu es parti.
- Je sais que j’ai commis une erreur mais maintenant je vais me battre.
- Je te l’ai dit, c’est inutile. Je vais épouser Jonathan. Je vais d’ailleurs lui donner ma réponse, dit Mélinda qui rentra dans le musée, laissant Mark, seul, réalisant qu’il venait de la perdre pour de bon.
Fin.